mardi 15 février 2011

Refuge de vie sauvage de « La Flor »

Refuge de vie sauvage de « La Flor »
La Flor » est une plage du département de Rivas. Celui-ci, situé au sud-Ouest du Nicaragua, est coincé entre le Pacifique, le Lac du Nicaragua et la frontière du Costa Rica. Sur ses 75 km de côtes, se succède une multitude de petites baies semi-circulaires séparées par des caps et d’intéressantes formations rocheuses. Les eaux marines y sont tempérées avec une remontée des eaux froides profondes qui contiennent une grande quantité de microorganismes (plancton). Les aliments sont donc abondants pour les poissons et les tortues marines.
Depuis des temps immémoriaux, le site de La Flor est le témoin d’un des phénomènes les plus impressionnants et les moins compris de la nature : chaque année, entre les mois de juillet et janvier, des milliers de tortues Paslama viennent, comme des voyageuses, depuis des eaux lointaines pour pondre à l’abri de sa plage dorée. Ce phénomène des « arribadas » massives de tortues Paslama se produit dans très peu d’endroits du monde.
La Flor a le privilège de recevoir 7 à 8 fois par an, une moyenne de 70 000 femelles qui déposent leurs œufs dans des trous qu’elles creusent sur les 800m de plage propices à la nidification. Au bout d’environ 45 jours, des milliers de petites tortues (900 000 en moyenne) naissent et entament leur dur combat pour la vie. En de rares occasions vient la tortue Tora, une espèce plus grande et plus menacée.
Le refuge de la vie sauvage de « La Flor » est en majeure partie géré par la fondation Cocibolca. Il a pour tâche de tout mettre en œuvre pour assurer la conservation des espèces en voie de disparition comme les tortues marines. Le travail des gardes du refuge et des bénévoles consiste à randonner de jour comme de nuit, à repérer les nids et à ramasser les bébés pour les mettre à l’abri dans une écloserie. La nuit venue, les petites tortues sont relâchées sur la plage, assez en amont pour que la température de leur corps s’adapte à la fraîcheur de l’eau qui les attend.
Ce ramassage des tortues limite le temps où elles sont à la merci des prédateurs qui abondent sur la plage dès qu’il fait jour : pelίcanos, tijeretas (sorte de cormorans), urracas (pies) et chocoyos… La création du refuge a aussi permis de stopper la récolte des œufs par les populations locales qui en étaient très friandes.